Requiem for a Calf (ou le jour où un veau se retourna contre le mot lait )
(Et oui, nous voici de retour, devant l'hystérie générale, avec un nouvel article, bourré de superbes jeux de mots, de faits scientifiques essentiels et de références universellement indispensables à toujours avoir sur soi.... Pour toute réclamation, merci de vous diriger directement auprès de notre service COMMENTS , et nous ferrons notre possible pour vous garder un peu plus longtemps sur nos pages... Bonne lecture)
Ah le bac... Cet examen qui ne fait l'unanimité ni chez les étudiants, pour la masse de travail qu'il implique sur une courte durée, ni chez les correcteurs, pour la masse de travail qu'il implique sur une courte durée, mais qu'il fait bon d'avoir sur un CV.
Oui, ce même bac qui fait en ce moment rage dans les différentes salles d'examens du pays, et dont on nous bassine chaque année à cette période de l'année. Pourquoi va-t-elle en rajouter un feuillet, vous demandez-vous sans doute? J'y viens, chaque épreuve à la fois, je vous prie...
Je voulais aujourd'hui vous parler des yaourts. Quel rapport, demandez-vous? Mais si, rappelez vous de cette pub, qui disait que le stress des exam', couplé aux mœurs alimentaires de notre société, nous provoquait des petits dérangement digestifs, mais dont nous étions rapidement débarrassés grâce à leur fameux yaourt, qui nous faisaient aller mieux de l'intérieur, tellement mieux que cela se voyait de l'extérieur? Bref, je voulais donc parler de ce produit qui occupe dans de rayons dans nos supermarchés, et dont les ventes augmentent de manière exponentielle en période de concours et examens, bien que cela ne soit pas encore prouvé par une étude scientifique, mais cela ne saurait tarder.
Le yaourt, donc, c'est ce truc souvent blanc, parfois rosé, voire accessoirisé de petits morceaux colorés, que l'on trouve sur tous les selfs de cantine, et dans beaucoup de réfrigérateurs ménagers. Je n'ai donc pas grand chose d'autre à rajouter sur ce sujet. Non. Ce dont je souhaitais vous entretenir, c'était plus tôt cette fine couche de jus, vaguement transparente, car généralement trouble, voire blanchâtre, que l'on trouve SUR le yaourt, entre le truc visqueux qui finit généralement dans notre ventre, et l'opercule qui finit elle à la poubelle. Oui, vous savez, ce liquide dont tout le monde se débarrasse, en le déversant, avec plus ou moins de grâce dans un verre usagé, une assiette, ou, mieux, dans l'évier.
Ce jus, il faut le savoir, provient, comme le yaourt, par ailleurs, de nos amis les bovins. Mais quand le lait du yaourt nous est offert gracieusement, bien que de manière douteuse, par les vaches, ce jus non identifié, lui, est un petit souvenir des petits de ces dernières, les veaux. C'est du moins la théorie d'une partie des théoriciens du yaourt au lait, qui, de part leurs conviction, ont été évincé de l'actualité scientifique, d'où leur anonymat. Ces derniers, cependant, sont eux même partagé sur la nature ou l'origine de ce jus, une partie d'entre eux ayant laissé filtré les mots « vomi » ou « lait régurgité ». Tous sont cependant d'accord que ce liquide provient du veau.
Ce pour quoi je vous ai cependant aujourd'hui réunis autour de ces quelques mots n'ait point un débat sur la véridicité ou non de cette théorie. Non, je souhaitais ici même raconter une petite anecdote, en hommage à un de ces si nombreux yaourts, blessés de guerre, abandonnés sur le terrain, n'ayant pas pu servir leur destinée ultime.
Il y a de cela maintenant presque un an, sur le plateau d'un self d'un festival nord-pas-de-calais-tiste de musique, de théâtre et d'opéra, dans le goût français, que je ne nommerais pas, par décence envers la famille du défunt, se trouvait un de ces si nombreux anonymes qui, pourtant, chaque jour, changent la destinée de notre pays. Ce yaourt, donc, se tenait fièrement entre la salade de tomates et les tranches de pain, menacé à l'arrière par un verre d'eau, mais ne lâchant pas sa position. Il se maintint, impassible, jusqu'à la fin des hostilités, quand enfin, ce fut à son tour d'agir.
Ses jours de préparations acharnées allaient enfin être mise à l'œuvre, il allait enfin pouvoir s'inscrire dans l'histoire, intestinale ou non. Déjà son opercule est mise hors service, le laissant vulnérable devant l'attaquant. Il est prêt. Il attend, l'impatience et la rage de vaincre bouillonnant dans les veines, le moment parfait, celui où l'attaque fera le plus mal. Alors que l'attaquant s'évertue enfin à se débarrasser du jus, tout bascule.
En ce déjeuner de début août, la catastrophe qui mena à la perte de ce yaourt se déroule sous les yeux effarés, horrifiés et affamés de toute une nation. Le jus commence à couler sur l'assiette, se répandant abondamment sur des restes de riz, de carottes et de steaks. Mais le plus horrible est encore à venir. Voilà qu'à l'instant critique, le moral des troupes lâche, et que le yaourt commet l'irréparable.
L'espace d'un instant, il se prend pour une boîte à meuh.
Le yaourt n'est pas encore à la verticale mais déjà il est trop tard. Du jus, un agent double, à ne plus en douter, s'est infiltré SOUS le yaourt, et entraîne en l'espace d'une seconde le yaourt dans les tréfonds de l'assiette. Comme dans un film à trois francs six sous, la scène semble se déroulait au ralenti, mais déjà il est trop tard. Le temps d'un clignement des paupières, et le yaourt qui jadis fut dans le pot en plastique n'est maintenant qu'un vague flan visqueux blanchâtre à moitié brisé sur une montagne de riz et de carottes.
Terrible paysage, pour l'avoir vécu, je vous le dis. Le pot fut bien redressé, tel ces fameuses boîtes sonores, mais le fait est accompli. Plus rien ne peut être fait, sinon récupéré le peu d'accessoires encore intacts du mort. Plus jamais le cri mélodieux du veau souffrant d'une indigestion ne résonnera.
C'est donc pour ce yaourt dépoté sur le terrain, mais dont personne n'en retiendra pas même la saveur, que je voulais avoir une pensée, avec vous.

